Chaque mois, notre équipe part à la rencontre d’un professionnel de la filière équine afin de mieux comprendre l’utilité de ses missions auprès de nos chevaux.

Avec ce quatrième épisode, c’est le métier d’équicoach que nous allons découvrir.

 


 

              Exceptionnellement ce mois ci, nous allons vous faire découvrir une profession dans laquelle ce n’est pas l’humain qui aide le cheval mais où c’est plutôt le cheval qui vient en aide à l’humain. Activité plutôt récente, l’équicoaching se sert de la sensibilité du cheval et de la relation à l’animal pour aider des hommes et des femmes à sélever personnellement et/ou professionnellement. Leadership, esprit d’analyse, gestion de crise, communication et bien d’autres domaines sont abordés dans des ateliers où le cheval a une place primordiale.

Nous avons posé nos questions à Stéphanie Prime, équicoach passionnée par la relation avec le cheval.

 

 Extraits de propos recueillis par Lolita de Florès, disponibles en intégralité en version audio ci-dessous 🎧

.

Peux-tu nous expliquer en quoi consiste l’équicoaching et à quelles occasions on peut faire appel à toi?

“L’équicoaching est une pratique d’accompagnement personnel et professionnel avec le cheval, donc pas du tout une approche équestre, c’est vraiment destiné à toutes les personnes. On utilise finalement le cheval, qui est un être extrêmement sensible comme un reflet émotionnel de ce qu’il se passe au plus profond de nous, dans la partie authentique et ça va permettre de travailler sur différentes problématiques aussi bien personnelles que professionnelles; ça peut être sur la gestion de l’anxiété, un accompagnement sur des personnes qui ont vécu un burn-out, des reconversions professionnelles, on peut travailler sur le leadership. Cela s’adresse aussi bien à des enfants, des ados que des adultes”

Quel est le rôle du cheval et faut il impérativement avoir une connaissance de l’animal pour bénéficier des tes services?

“Il n’y a pas besoin d’avoir de connaissance du cheval, c’est ce qui est super. Juste ne pas en avoir peur; le cheval étant très sensible il va ressentir la peur qui est assimilée pour lui à du danger et là du coup on ne pourra pas travailler. Mais il ne faut pas confondre peur et vulnérabilité: la vulnérabilité sera plutôt “j’ose un peu moins, j’ai peur du regard de l’autre” et là il n’y a pas de souci, ce n’est pas un danger pour le cheval.

Quant au rôle du cheval, j’ai envie de dire que je suis équicoach mais les vrais coachs ce sont les chevaux. On peut être sur des interactions plus ou moins actives avec lui, l’idée est qu’il capte toutes les émotions et donc par son attitude il nous renvoie à ce qu’on est en train de vivre réellement en terme d’émotions et selon le sujet qu’on est en train d’aborder ça va induire des prises de conscience selon les comportements qu’on a et dans ses réactions on va pouvoir prendre conscience de notre vécu et des émotions réelles qui se passent pour avancer sur le sujet qui nous intéresse. J’aime le mot de miroir.

Comment se déroule une séance?

“Elle a 3 phases: il y a toujours un entretien de départ afin de comprendre ce qui emmène la personne; souvent c’est une envie d’évolution, une situation que l’on a envie de transformer. Ensuite il y a un temps d’interaction avec le cheval qui peut aller d’un quart d’heure à trois quart d’heure ça dépend de la thématique et de l’âge de la personne. Pour finir on prend toujours un temps de clôture pour revenir sur les prises de conscience et chercher comment transposer ce que l’on a vécu avec le cheval dans la situation qui nous importe.

La première séance est un peu différente des suivantes, notamment si la personne ne connait pas (ou peu) les chevaux. J’y emmène des outils qui seront utiles sur les séances suivantes donc il y a un peu plus d’apports théoriques sur la première séance et elle peut durer un peu plus longtemps. Ensuite, c’est toujours la même trame pour l’ensemble des séances. 

La séance se déroule dans ton écurie avec tes chevaux ou est ce que tu te déplaces dans des structures qui en mettent à disposition?

“Alors j’aime beaucoup travailler avec mes chevaux que je connais depuis près de 20 ans mais je n’ai pas du tout besoin de connaitre les chevaux avec qui je vais travailler excepté le fait de les avoir vu une fois avant pour connaitre leur environnement et leur comportement. Je travaille avec tous chevaux dans tous types de structures. Je dirais que la base est que ce soient des chevaux habitués à une vie de troupeau car nous faisons appel à son comportement inné et un cheval qui a pu être enfermé en box, isolé, peut parfois avoir des comportements qui ne sont pas vraiment instinctifs.

Pour les personnes qui ont des chevaux, j’aime bien faire un moins une première séances dans un lieu neutre avec d’autres chevaux que les leurs, avec lesquels ils ont déjà une relation construite et donc c’est plus difficile pour moi de savoir ce qui vient de la relation ou non.”

Comment as-tu connu cette activité d’équicoaching?

“C’est marrant , j’ai parlé avec beaucoup d’équicoachs et à chaque fois c’est leur cheval de coeur qui les a emmené à cette activité. Moi c’est ma jument Nicky avec laquelle je n’arrivais plus à sortir seule en extérieur  et je me suis demandé s’il n’y avaient pas d’autres approches que celles que je connais qui pourraient l’aider là dessus. J’ai entendu parler d’une journée découverte avec une équicoach et j’ai vu à quel point je pouvais travailler non seulement sur moi mais également sur le cheval et la relation à deux. C’est ce qui m’a menée jusqu’à la formation avec l’organisme Vision pure.

Niveau cursus pour en arriver là,  je suis une passionnée de chevaux, j’en ai toujours eu depuis mes 6/7 ans, ils vivaient en troupeau. Ensuite j’ai vécu 3 ou 4 évènements comme cette journée de massage avec les chevaux quand j’étais au Quebec et j’ai l’impression que ce jour là, on m’a donné un “décodeur“de leurs signaux et langage ou encore les cours d’éthologie qui m’ont aidé à mieux communiquer avec les chevaux et également l’équicoaching ui m’a permis de travailler sur l’aspect personnel et intérieur. Pour la partie équestre j’ai été en centre équestre jusqu’à mes 18 ans mais je préfère la balade et le contact avec eux”

Y’a tel besoin d’avoir une formation en psychologie pour devenir équicoach?

“Ce n’est pas utile mais la formation intègre des cours et discussions avec un psychologue, c’est un atout. J’ai beaucoup apprécié la formation que j’ai suivie justement pour le sérieux de tous ces apports en psychologie et de supervision. Personnellement je travaille en collaboration avec une psychologue de Nantes, Vanessa Bisson.” 

Dans quels secteurs géographiques interviens tu?

“Je suis basée principalement en Loire Atlantique mais j’interviens également en Normandie. Je peux aussi intervenir à l’échelle nationale si des gens ont leurs propres chevaux, une écurie, un centre équestre et souhaitent une intervention sur des séances individuelles ou sous format d’atelier, je pense notamment aux entreprises”

Aurais-tu une jolie anecdote à nous raconter?

“Oui, j’en ai une avec ma cliente la plus âgée qui est atteinte de fibromyalgie qui est une maladie où on a mal tout le temps et dans l’ensemble du corps. C’était un défi pour moi je me demandais ce qui allait se passer. Elle a vécu une séance absolument magnifique, l’écoute du corps et la relation au cheval ont fait qu’elle n’a eu aucune douleur pendant 1h30 ce qui est totalement incroyable. C’est vraiment un beau souvenir parce que j’ai senti que la relation au cheval et le temps qu’elle a pris pour elle lui ont fait énormément de bien. Le sourire à la fin  

 

Pour découvrir la version intégrale de l’interview de Stéphanie, la version audio est disponible en haut de l’article.

Vous pouvez retrouver Stéphanie sur sa page Facebook et sur son site “Regards pluriels

 

A bientôt pour une nouvelle rencontre d’un “Pro pour nos chevaux”

Rédiger un commentaire

SCROLL UP